La respiration

La respiration, une évidence méconnue

Acte réflexe, la respiration nous apparaît comme une évidence : sans souffle, pas de vie. En temps normal, elle ne pose pas question. Elle se laisse oublier, de sorte que la majorité d’entre nous ne savons pas de quoi le geste respiratoire est fait.

Pourtant, entre notre première inspire, à l’origine du cri primal, et notre dernier souffle, nous vivons au rythme de nos cycles respiratoires : la respiration est notre premier schème de mouvement, qui nourrit et soutient toute notre organisation neurovégétative, posturale, motrice, ainsi que notre vie de relation.

Trois situations l’appellent à notre conscience :

  • Dérèglement somatique ou émotionnel
  • Pratique sportive ou musicale
  • Profession qui sollicite la voix, a fortiori pour un usage public : enseignants, avocats et magistrats, comédiens, chanteurs…

Développer la conscience et la diversité du geste respiratoire

La respiration est subtilement mêlée à notre quotidien – marcher, manger, parler, rire, dormir, dessiner, danser, cuisiner, digérer, monter un escalier, chanter, contempler… Elle doit pouvoir soutenir notre posture, nos faits et gestes ; elle doit pouvoir s’adapter à la richesse de nos besoins, physiologiques, mécaniques, expressifs.

Elle recrute des zones du corps diverses, dans des amplitudes, des synchronisations, des engagements musculo-squelettiques variés. Elle est influencée par la pesanteur et par notre position spatiale (debout, assis, sur le dos, sur le ventre, le côté…), qui facilitent ou non les mouvements qu’elle induit.

Le développement de la conscience et de la diversité du geste respiratoire retentit sur notre façon de nous mobiliser, au sens propre et au sens figuré, et ce d’autant plus que chaque façon de respirer a sa ou ses fonctions, ses avantages et ses inconvénients.

La respiration, grande ordonnatrice

Elle favorise la santé de nos fonctions vitales.

Elle mobilise la totalité de notre tronc, du périnée à la glotte : elle contribue à la qualité de la miction, de la défécation et de la sexualité, ainsi qu’à la santé de notre larynx, donc de notre voix.

Elle est fondamentale dans la régulation du tonus, primordiale dans toute démarche de relaxation ou de gestion du stress, et avant tout dans la vie quotidienne.

Elle aide à la détente autour de soi.

Elle favorise le maintien confortable et dynamique d’une posture.

Elle soutient et la précision et la puissance de nos faits et gestes, du plus fonctionnel (monter un escalier, coudre) au plus expressif (parler, chanter, jouer d’un instrument).

Elle participe au sentiment de confiance et à l’affirmation de soi, ainsi qu’au maintien de l’attention. Elle œuvre à notre souplesse globale, donc à notre adaptabilité. Elle donne de la saveur à la vie, colorant le quotidien de sa dimension sensorielle, et de l’imaginaire qu’elle nous inspire.

Respiration et voix, une mécanique de précision

La voix parlée ou chantée est produite par la sonorisation du souffle. C’est pourquoi la gestion du débit de l’air expiré est fondamentale : physiologiquement, elle est nécessaire au bon fonctionnement des cordes vocales et de toute la musculature associée, à l’origine du son qui prendra ensuite du volume grâce aux résonateurs ; de sa dynamique et de sa précision dépend grandement l’expressivité de la voix.

Quant à l’inspire, qu’elle se fasse spontanément, grâce au relâchement des muscles expirateurs, ou qu’elle soit le fruit de l’action du diaphragme ou de ses acolytes thoraciques, sa qualité (quels muscles engagés, à quelle vitesse, à quelle amplitude) participera à la qualité de l’expire suivante.

Les temps de pause qui ponctuent ce flux sont nécessaires à la fois à la rythmicité du cycle respiratoire et aux suspensions du discours : elles permettent à l’orateur de trouver l’inspiration et de maintenir l’auditeur en haleine, elles offrent à l’auditeur un espace de respiration qui facilite l’appréciation et l’intégration des propos et intentions du locuteur.

Spécificité du chant

En chant, trois situations requièrent une synergie musculaire spécifique.

Lorsque l’on chante une phrase…

  • à forte intensité
  • à large ambitus (grand intervalle entre deux notes)
  • de longue durée

…le diaphragme travaille en même temps que les abdominaux pour freiner leur course et optimiser le contrôle de la voix dans les contextes exigeants précisés ci-dessus.

Ce procédé est paradoxal, parce qu’il n’est pas naturel d’utiliser conjointement un muscle inspirateur (le diaphragme) et ses antagonistes (les abdominaux) qui font office d’expirateurs.

C’est pourquoi il doit s’apprendre et s’exercer.

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